Santé

Des moustiques stérilisés pour contrecarrer le virus Zika

Des moustiques stérilisés pour contrecarrer le virus Zika

Pour lutter contre le virus Zika et les autres maladies transmises par les moustiques, une solution serait de recourir à des moustiques mâles stérilisés. Cela conduirait à une extinction naturelle de la menace.

Alors que le virus Zika représente une menace réelle pour toutes les femmes enceintes en étant susceptible d’entrainer la microcéphalie aux fœtus, une grave malformation congénitale, la question se pose de comment éliminer la menace des moustiques femelles qui véhiculent ce virus. La réponse qui vient de Vienne est : en les séduisant.

Dans un laboratoire de la banlieue de Vienne, l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) a perfectionné une technique pour stériliser en masse les moustiques mâles. L’idée est qu’une fois relâchés, ils séduisent les femelles dans le but de s’accoupler. Etant stériles, il n’y aura aucune descendance, ce qui signifie une extinction naturelle de la menace.

Le principe est simple à énoncer, mais plus compliqué à réaliser. Il s’agit d’isoler les mâles des femelles puis les stériliser par irradiation alors que les moustiques sont encore au stade de nymphe. « C’est un genre de planning familial pour les insectes », résume Jorge Heindrich, chef de la section de contrôle des insectes parasites de l’AIEA.

C’est de cette manière que la mouche tsé-tsé a été localement rayée de la carte à Zanzibar (Tanzanie), tout comme la mouche du melon à Okinawa (Japon), ou encore la mouche du fruit en Argentine et en Afrique du Sud. Cette méthode est plus « propre » que l’épandage d’insecticide.

Vu que le moustique transmet le virus Zika, mais aussi la dengue et le chikungunya, il est devenu un centre d’intérêt pour les scientifiques de l’AIEA. Pour mener à bien la stérilisation des moustiques mâles, la principale difficulté se situe au niveau de la séparation des mâles des femelles.

L’autre défi sera le facteur d’échelle. Si l’efficacité de la technique a été validée à l’échelle d’une ville, il va maintenant s’agir d’en faire de même à une plus grande échelle. En clair, le défi est énorme.

Deux projets pilotes sont en cours, un à La Réunion, l’autre au Soudan. Il va falloir mesurer les résultats avant de savoir si la technique est efficace. Pour l’heure, la production de moustiques stériles à grande échelle destinés n’a pas encore commencé.

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